Alzheimer mon amour -1-

Publié le par jai50ans

Alzheimer mon amour, livre magnifique de Cécile Huguelin

En vente chez Amazon ICI

Poignant témoignage d'amour mais impuissance face à cette maladie. Elle a voulu accompagner son mari dans cette descente aux enfers, dans ce monde dont elle ne fera plus partie.

Il y a une dizaine d'années, j'ai eu la folle idée de vouloir donner des cours de peinture et bricolage dans les maisons de retraite.

Avec Pole emploi qui m'offrait l'opportunité de réaliser 15 jours en EMT (évaluation en milieu de travail), je pouvais être rémunérée et j'offrais mes services gratuitement à la structure qui m’accueillait.

J'ai essuyé quelques refus dont les excuses me sidéraient, comme : " Nos résidents ne sont pas intéressés, ils veulent juste lire le journal. leur unique préoccupation se résume à attendre l'heure des repas. Ils font déjà de la gym avec un kiné - jeter et réceptionner un ballon-, etc... Je tairais les autres raisons de refus.

Puis une maison de retraite spécialisée Alzheimer m'a accueilli, tout d'abord je devais observer leur rythme de vie journalier, trouver le moment idéal où ils seraient le plus réceptifs.

Je suis arrivée à 9h30. Un kiné m'a fait visiter la maison et j'ai assisté à une séance de massage dans un local où brûlaient des huiles essentielles et où était diffusée une musique douce.

Le bien-être des résidents est la seule préoccupation de cette maison de retraite située à Morlaàs (64).

Un résident Jean lisait toutes les étiquettes des portes de chambre, je lui demandais naïvement :

- Où se trouve la votre ? Regard noir de l'infirmière, regard perdu de Jean.

Puis c'est Albert. qui vient me chercher pour me montrer toutes les voitures dans la cour

- Vous vous rendez compte, me dit-il, toutes ces voitures sur le parking et y'en a pas un qui veut me ramener chez moi ! ...

Marie-.67 ans embrasse tout le monde et dit bonjour tout le long de la journée,

Suzie. 85 ans ne veut plus me lâcher le bras, elle a peur que son père la retrouve,

Amélie 72 ans se plaint que son mari ne vient plus la voir -il est là, juste à côté, les larmes aux yeux-,

Deux dames ont oublié le simple geste de porter la fourchette à leur bouche... Je reconnais une personne qui habitait mon quartier (elle n'est pas résidente permanente pour l'instant elle ne vient que la journée, pour libérer ses enfants).

Il y a aussi Dominique 58 ans, qui a l'air très affairée, au début j'ai cru que c'était un personnel soignant.

A midi trente, sous prétexte d'aller fumer une cigarette et prendre l'air je me suis échappée, si j'avais été à pied j'aurais couru, couru, couru, ... J'ai pleuré plus de 2 heures sans interruption.

Émotionnellement je n'étais pas à la hauteur. Cette maladie est déstabilisante. J'ai rangé mon projet dans un carton... Un jour peut-être...

Association France Alzheimer N° Vert 0811 112 112

Publié dans Bien-être, J'ai lu

Commenter cet article